MON LIVRE D'HEURT



- Des trains partent … -

Des trains partent vers des destinations
Sans but … seulement partir
Trains de foules, touristes épris du vide
De temps morts décorés de joies feintes, infertiles
Des avions toutes les 3 minutes décollent
Ils ne volent guère, glissent-ils entre les nuages ?
Non, ils tombent dans le ciel - horizontalement
Recrachés par la terre, mais

Qui se souvient des oiseaux ?

Vous souvenez vous du Saint d'Assise ?
Charmants oiseaux souvenez-vous de ses prêches
Oui, vous vous souvenez qu'il connaissait
Le silence sacré des envols
De vos gazouillis dans l'arbre vénérable
Il reconnut toujours l'Amour infini
Porté par la Confiance, il volait avec vous,
Anges simples de la terre.

Mais...

Sur les rails comme sur les pistes invisibles
Calculés par les radars
Les masses d'aluminium ou d’autres alliages
Plongent et replongent dans un ciel dénudé
Violé ; croyait-on y trouver Dieu ?
Ou plutôt la preuve de son absence ?
Absence tant souhaitée par l'Adversaire
Le maitre de ce monde...
Trains du ciel, avion roulant sur la terre
Rien qui attestent désormais d'un partage
De la Participation de la Terre et du Ciel
Le ciel est-il encore parfois bleu sombre étoilé ?
Sur un drapeau se meurt l'Europe
Et Notre Mère, la Sainte Vierge
Pleure des larmes de sang
Pleure sur la France à elle consacrée
Et ce qui fut, au commencement les eaux d'en haut
Les eaux d'en bas
Ne forment plus guère d'horizon...
Ainsi des bédouins d'un âge révolu
Guerriers armés, bardés d'explosifs
S’enfoncent plus profondément dans le désert urbain
Comme les sables, en vagues la mer
étreint ces navires sur l'onde devenue huileuse
Des ombres boueuses
Forment des ilots de désespérances festives.

Et je me souviens, il revient sans cesse
Ce départ...
Ce train qui me mena à cette gare-ci
Cette gare sans nom, désormais
La pendule ayant ses bras ballants
Ou fixés à jamais sur la même heure : 15h 15
Remarquant en écrivant cette heure figée
Ainsi 1515, je me reprends et lis seulement

5.1.5

Le chiffre de l'homme ?

(515 pourquoi le regardai-je comme ce tableau unique de l'Ecole de Fontainebleau
Une Femme, 1 Anneau, une autre Femme : qui touche le sein de l'autre ?)
Quel rapport avec ce train dont je descend à 15h 15
En gare de ...
Alors que ce train repart je réalise :
J’ai oublié le manuscrit sur le siège usé de ce wagon de 1ère classe
La serviette de cuir noire, ouverte, béante...

"Vous ne retrouverez pas votre manuscrit
D’autant que le train va à Genève
S'il avait été à X
Avec vos données, l'inconnue serait trouvable
Mais il va... à jeune Ève
Soyez au moins assuré que sa jouvence
Fera Fontaine de vos Dits."

Ainsi me parla le chef de gare
Et la nuit s'épaississant, je me dirigeais
Vers l'hôtel mais m'assis préalablement
sous le Grand Tilleul odoriférant
Cette été là... et les effluves sucrées
Me parlaient de parfums de désir
Désirs interdits... dans l'ombre de lampadaires jaunâtres
Des adolescents épuisés par les rigueurs du temps
Des libertés non conquises, offertes
Ne prêtaient attention à rien qu'à leur image : photo homogène
Et sur eux aucun de mes regards ne se poseraient
Pas plus que sur ces jeunes hommes devenus des souvenirs
Comme des trains, comme des avions les uns s'écrasant roulant sur
Les rails, reluisante usure, les autres ayant décollés tombant dans le ciel portés...
Et les adolescents comme des trains partaient pour partir et pour rien
Attendant des lendemains identiques
Suivant leur image fatiguée aux échanges virtuels

Pouces pleins de graisse d'un burger
Ecran souillé de coca cola
Saoulés de mauvaise musique
Dissonante et de cœur perturbé
Toujours l'abominable ramdam
Des tamtams et des you-you
De l’envahisseurs barbare
Plus de sistres,
Plus de harpes
Plus de violons
Plus de cantiques, plus du chœur des femmes répondant au chœur des hommes
se rencontrant en polyphonique :
AMEN

Où sont-ils... nos Cœurs chantant nos Cantiques
De FRANCE
Les toits des églises s'arrondissent, obscénité orientale
Les clochers deviennent ces affreuses tours
D’où s'élève la plainte en couteau du Muslim (sic)
Plus une saine et claire voix ne s’élève...
Dieu nous envoie ce message
Pour que...
Du siège de Saint Pierre l'usurpateur
Installe les barbaresques, frères de Discorde
Est-ce cela que l’usurpateur, le clown blanc
Le même Dieu – La Discorde ?
Prions pour que l'usurpateur … pour que
L’Eglise persécutée soit sauvée,
et que nous restaurions
Les Autels ad Dominum (2014)

 

Impressions de Noël

A toi que je ne vis qu’un seul Instant.

«Und da ihr horchtet auf der goldnen imme
Und eines windes lockendes gekling :
So überhörtet ihr gar oft die stimme
Der süßen die vorüberging »
Stefan George, Die Schwelle (Der siebente Ring)

« Tu guettais la chanson d’une abeille dorée
Qi t’eût charmé, fondue à celle de la brise
Et trop souvent distrait tu n’auras pu saisir
Une voix douce qui passait » Le Seuil, traduction de Maurice Boucher.


A.
Son regard, son sourire, cette prévenance
Mon regard, mon sourire, cette prévenance
Inconnus l’un à l’autre mais, en l’ instant d’un départ : une même direction
Nos regards se croisent, s’unissent.
En cette veille de fête, rencontre émerveillée.
De deux inconnus. Regard caresse, regard tendresse
Métamorphose d’un simple regard en ce sourire
Suffit pour que s’estompent tous fantasmes,
Que se libère le désir pur
En cette veille de fête un Visage triomphait.
Nous nous connaissions depuis tous les hasards
véritable jour de fête.
Instant parfait d’entente, d’à corps.
Nos sourires échangés, complices nous incarnaient, éternels.
Veille de noël.
Mais, dans la précipitation d’un départ forcé
Malgré cette même destination, nous devions nous perdre dans cette foule, annulés
Tandis que cet instant, cependant, cette entente,
Cet à corps fulgurant
Gagnait l’ éternité.

Arrivé à destination, sans toi,
perdu l’un à l’autre, inconnus, ton sourire me guidait.
J’entrai dans la cathédrale pour cette éternité.
Dans les rues de la ville affairée, cris fanfares enfants adultes,
clinquantes décorations éparses semées, et quoi encore !
Indifférent à cette dépense vaine, ces fastes médiocres, habité de ton sourire
J’oubliais ce qui m’amenait, ici, dans cet instant, j’étais désormais avec toi
Ton visage face à mon visage, transfigurés
Prévenance avisée d’une décision précédant et éternisant notre rencontre,
La fondant au sommet d’un mot, incroyable : Amour.

 

B.
Arrivé à cette destination prévue en raison, calculée, calendaire
Contraste brutale qui cherchait à refouler ce fulgurant éclat d’éternité
Je devais constater qu’au seuil m’accueillait la douleur de l’isolé
Indéfectiblement un passé figé, faux frappait, étique. Et
Revenaient les quotidiens pesants habitués où chacun vidé de soi
se débat contre la question qui nous soumet chacun en plénitude de soi :
pourquoi seulement (se sur)vivre ?
Saisi du non sens, l’Adolescent décidé, l’Étranger mesurait au gnomon du « croissez ! » , cet étalement, longueurs, temps morts des quotidiens disposés
Dépossédés - habitudes inhabitables obligées. « Multipliez ! »
Il les mesurait à l’unique question qui prenne à corps :
Pourquoi, dans la béance, aux abords ou suspendu au milieu de l’abîme monde
N’être que répondant, en frappes ou en fuites ?
Les exigences de raison s’égrainent, s’égarent aux pertinences vides adonnées.
Dérisoire, le service, l’office séculier pour une patrie rebaptisée société pour que nul ne puisse croire encore qu’on doive – seulement – mourir pour elle, pour ça – rien que pour elle,
Temple des lendemains gaspillés, présents sacrifiés
Évanescences, fumées, fumeroles d’un volcan invisible qui nous couvre de cendres.
Ainsi …

C.
Dès que je n’écris plus…
Dès que le meurtre du silence, que le meurtre de la musique
Dès que je ne lis plus
Dès que je ne me lis plus dans les livres courant le longs des murs ;
Dès que mon sang, mon corps alors ivres … de pain et de vin
Mais qu’entre la misère implacable, qu’elle me frappe, me réfléchit, fléchée sur papiers administré – cumul de formulaires meurtriers, tueurs à gages
Dès que mes livres n’ouvrent plus ses murs d’infinis, ne les trouent de portes…
Dès que les portes se referment et m’enferment sur ses murs geôliers…
Restent cependant (riens !) ces photos, ces instantanés, ces souvenirs, riens !
Poussières ! (plaisirs fugitifs, rencontres manquées, lumières volées).
Mais lorsque le cri bleu de ces pierres, de ces fossiles jaunes résonne, que
les papillons épinglés, le scorpion, la courtilière…le scarabée bousier gardent
en strates géologiques d’ insectes solitaires nocturnes ou solaires une autre écriture – à Saïs -
se taisent les bruits, les affairements de la rue, sa laideur
La laideur, vomi d’irréel qui me dévisage, ne m’inclut plus dans ce rebus – la survie.
Dès que l’insecte, la pierre, la fleur séchée articulent un chaos…
je lis, j’écris … la liberté revient … Je suis Libéré du choix ?

 

B.
Dans les quotidiens désertés, du dieu assassiné que nul ne peut plus attendre
On passe son temps à se fuir, se rattraper,
Se reprendre un peu, juste un peu, sous des catégories blêmissant, blettes : travail, loisir,
Le Soi fustigé par un moi outrecuidant, décideur de moins que rien étranglement triangle tringlant au lit égalisé - Procuste fraternel…
Pour toutes libertés contredites.
Choisir entre des « riens que ça » d’occupations en occupations, glisser
Ne plus penser … être malgré tout rattrapé
par le temps dans un temps accéléré qui fuit le Temps.
Fuir là où l’histoire ment toujours,
Avec ce mensonge flagrant reconstruire, indéfiniment, l’attente en atteinte..
Éviter la joie des par delà bien / mal que pose l’Autre Face.
Ainsi, sans connaissance, des savoirs informes s’articulent
Évanouissements de ce qui reste après …
Avec les commémorations…
Toute nostalgie interdite doit se terrer dans les silences préoccupés.
Nulle évocation des morts pour un Noël Toussaint sous ce toit arbitraire
d’un hiver en pointe de froid
des retombées de chaleurs automnales persistent et,
j’entends la voix des automates…

 

C.
Et lorsqu’un mort écrit « jamais plus »
Son absence le rend encore plus vaste … mais un
« Plus jamais » autour de moi, depuis une ignorance, se tisse
L’amitié – qui n’est point amour
(« amour », mot aujourd’hui laborieux confondu aux désirs flous, aux demandes sans question)

L’amour oublié – es-tu certain ?
De l’avoir oublié, jeté dans ces oubliettes nuitamment
Hanté d’autres vénéneux ?
Oublié ? tel usé émacié, tel dissipé, ombres
Pour ce désir …
A moins que …
- que souvenirs !
Rien de pire que la mémoire, que cette mémoire-ci
Une telle mémoire, pourquoi ?
Amour rumeur « love evil »
Trompeuse

Autour de moi (en moi ?) tant d’amitiés questionnées
ébauches, esquisses d’anecdotes en histoires
de petites histoires à l’Histoire même, tant d’oublis
ils oublient à la mesure des souvenirs
Égrènement dérisoire et pesant - quoi ?
De se rappeler la mort – notre condamnation à mort
Mort drue dans les corps assassinés du dieu – bénit soit-il en son retrait -
de rien en rien
en sursauts d’abîme…

 

B.
Dans la froide demeure, profanant l’Avènement toujours possible à ce point
Culmination de la Ténèbre.
Repas servis sous les sapins clignotant - où ?
Où ces moments où filandres fantastiques nous traversions des paysages
reconduisant à la Parole ? Où ?
Dans la demeure refroidie…
La demeure affairée comme les rues de la ville marchande…
Craquements d’un vieux bois, pleurs des murs humides ouverts aux vents
par les interstices
Des souffles me chassent, sous les draps, la couverture, les plis me repliant,
Ton sourire cependant me soutient
Dans la demeure refroidie…
Près de l’âtre où la bûche de chêne se consume odorante
Des voix automates bavardent
On est sérieux autour des futurs alourdis par l’absence d’avenir.
Soleil sur les entrepôts, les entreprises en pleine expansion – terrain à vendre.
Le champagne pétille dans les coupes et les réminiscences du cristal étincelant
S’épuisent en souvenirs des autres altérités sans retour
S’endorment les esprits aux divers plaisirs du ventre.
Alors…
La demeure n’est plus qu’une maison.

 

C.
Opuscule de la nuit (la nuit m’écrit)
Aider un monde à finir – sans retenue, d’écriture fluide
Imprégnant une dernière étape
Ne plus vivre – exister !
Et pourtant à corps rappelé épelant de sombres densité
L’absence d’un dieu
Là-bas battu de vent rosaire des sables
Ici dans l’humide pauvreté – emmuré alors si libre

Ici rabattre, courbatu de pluie
De pluie molle traversant les huis et les plaintes, plomb
Pesanteur
Là-bas battu à abattre de sécheresse, l’arbre
Pauvreté toujours grignotant les jours

 

B.
Je m’y retrouve tel en ce procès familier
Je reste silencieux, toute parole prononcée vaine m’accuserait.
Je demeure Sphinx à questionner, provoquer le sens pour qu’ils répondent de ce Silence
Au-delà des prières, au-delà des besoins asservis. Mais le silence bruit.
On n’entend déjà plus que plaintes, lointaines urgences de pays dévastés par nos soins
Occident !
Tandis qu’un passé figé persistant se pétrifie entre « nous »
Je suis le tiers. Je ne suis pas un exclu acceptable.

 

D.
Une grand-mère, morte, je l’imagine chantant en yiddish (pourquoi ?)
Cette grand-mère morte chantant cette complainte parfaitement inconnue
Elle chante devant ce berceau - ma sépulture ? - où s’inscrivent mes questions.

Je lui demande : et les « cousines » de la rue des rosiers … ?
Mutisme bleu, nuages de fumée jaunie
Elle chante … il joue du violon, masqué. Qui es-t-il ?
Les cousines de la rue des rosiers… ?
Sur cette photo …mon baptême ?
Pourquoi appartenaient-elles et n’appartenaient-elle pas à cette famille qui se constituait autour de ce berceau.
Moi, avec mon cerceau devant l’hôtel de Sens quelques années plus tard, le regard triste … pourquoi ?
Autour de cette autre tombe, pourquoi ?
Lierre et ronce, rose et lys sauvages …
Esther ou Judith, l’ombre au cimetière, visitée, visiteuse.
L’ombre de cette femme angélique, morte, si jeune, trop jeune.
Comme une prémonition, ombre démunie sans tombe …
Elle, la belle morte. La jeune morte qui ne sera plus celle qui me rendit si laid,

Une grand-mère morte au-dessus de mon tombeau, chante la chanson inconnu.
Son nom s’inscrit en trois lettres K. B. L .
Et sur mon front… au miroir des Mots…suis-je un Golem ?

Me voit-on jamais avec un sourire – que cette mélancolie ?
Le sourire viendra plus tard, sur des photos où mon visage … N’est plus le mien.
Mon visage. Je suis sans visage, depuis.
Pourquoi ce regard ? Cette photo passeport pour Dachau… Ce n’est pas possible… cette photo. J’avais 14 ans en 1962. Paris libéré depuis longtemps. Libéré de quoi – oppressions nouvelles en ces jours d’une parole perdue à l’étranger. Moi l’étranger errant sédentaire dans le rêve de la cité céleste. En mon corps. Paris libéré de …Plus de déportations … 1962 - des lamentations entendues dans mon regard ? Que se passait-il qui ne m’intéressait déjà plus en 1962 ? En 1962 qui ne me jeta pas la pierre à cause de ce visage là ? Mais
Qui furent ces gens qui ne me jetèrent pas la pierre,
qui se rassemblèrent pour mon baptême - au moins sauvé - ?

Rêve.
Aussitôt de bons vivants quelconques – une pâle estime encensant - me réveillent, me
Métamorphosent en cancrelat. On hurle « la grand-mère faisaient ses kneiffen au foie de porc ! » Et ils vont au plus vite, viles soutenir de laïques boucheries hallal. – pour s’assurer de ne pas être de reste… 11 septembre 2001.

B.
Imperturbable cependant sur les remparts de la ville morte,
Toujours redevenant Cassandre
Dans ce silence ma vision soli lunaire s’affirmait, reprise, répétée, ritournelle, mélodie :
Métamorphosé, aigle nocturne, corbeau aux ailes amples déployés –
Je vous délivrais mélancoliques saturniens de l’emprise des Lumières…
Nous revenions vers les sommets de la Nuit sacrée
Puis un geyser jaillissait cristal de la sphère viride s’élançant aux profondeurs d’un ciel constellé d’or… Nous nous revêtissions du manteau virginal – invisibles !

C.
Mais le chant manque, la voix fatigue ternie
Chantonnements, murmures plutôt
Paroles obscènes au matin chagrin obscurci
Ou ravi par le rêve aux tournoiements des lettres !
Hélas, tant de rejetons de nuits blanches vomissures
Blessures de soumissions aux temps – scansions – jamais révolus
Vermoulus !

La tristesse ?
De Tristan – tant triste l’à vau l’eau de la vie
L’eau des songes – punch bleuté d’océan enflammé
Ivresse inaccessible désormais
De partout la terre divague, explose laideur convulsive
Plus de repos
Explosions de bombes humaines
Volcans éteints, sans réveil fracassante, la nature ? quoi ?
Pluies en trombes démences pluies de moustiques et retombées d’oiseaux
Métallisés, tétaniques
Rien dans le livre du monde de cette âme
Mais le livre ne contient aucune tristesse
A peine lorsque guette l’acedia aux cellules ignorantes de mon corps
De mon corps aussi loin de la moitié de son chemin que la vie même
Que dis-je ?
Vie… fenêtres closes sur cette rue dans le bruit inconstant
Inconséquences affairées camions voiturant la came des journaliers
Tourniquets de poussières quotidiens d’effets de manches – Mais..

 

B.
A la minuit, aux nixes, à mes amis les nightgaunts
vinrent s’allier ces figures, ces faces terribles.
Elles se dessinèrent sur les murs blanchis de chaux.
Fièvre soudaine, sueurs, du miroir à la lampe blafarde
Blême je revins vers le lit glacial, à peine défait, la couverture rouge
Exposé au froid de la cellule rigoureuse – de pure raison.
Je saluais un faucheux au dessus de ma tête alourdie…
Sans m’endormir, les paupières closes les figures me dévisageaient encore.

Faces sans visage – intranquilles
Figures de récriminations d’un autre monde, contre ce monde-ci condamné
Des morts, des revenants ? non ! la maison de toute sa force y résistait…
Rien ne reviendrait que la science unique tranchant guillotine veuve des mots.
L’autre monde est cette proximité menacée
Fragile lien
D’où saignent - sang invisible - ces stigmates
l’écriture par delà l’écrit dans cette langue morte
calcul, décompte supplémentant d’un non-sens les contresens résignés
par arrêtés…
Et je vois, les indécis, faisant des choix
Sur l’éventaire offres, indéfinis, sans demande, des jouets
Par milliers…
Et, de pauvres petits souliers

Pour justifier ces jouets, dans le temps déjoué, qui les joue
Tels des osselets dans les mains d’un géant attardé…
Ils allaient vantant les discours éventés d’un savant pris à la relativité commune
Meurtres des arbres dont la décomposition serait bien plus délétère,
forêts des cimetières de vos romances gores ?
Hurlement silencieux des cobayes humains
dans les chambres septiques de vos oratoires hôpitaux…
voici l’heure de l’homme, indéfini, rejeté dans la vie brute …
Climats atmosphères perturbant la logique, repris logiquement, dans les perspectives aliénantes des siècles, millénaires… jusqu’en l’explosion du soleil admirer notre galaxie en super nova aux portes de l’innovation accélérateur, centrifugeuse sans que poussières d’étoile nous renaissions, ressuscitions sur l’autre terre ?
Ainsi plus délétère que salve de pavots, qu’ergot,
nous endort une science sans gnose, hypnotique, pour un peu, un peu plus, toujours plus de rapidité d’usages vain.

Pourquoi ?

 

C.
Dans le ciel …
Le ciel est vide d’y avoir cherché ce qui n’y est point
D’y avoir cherché un point au plan – par-dessus la ligne
Une origine
Le ciel toujours plus vide
Toujours plus loin, ils sondent balistique, artillerie ou onde
D’un point à un autre la ligne infinie ne recoupe rien
Vise un autre point – toujours plus loin, vide
Big-bang bruit du canon, de la bombe répercuté dans ce vide
Le ciel vide vidangé par vos vœux vomis puériles
Univers expansion malheureuse lutte d’entreprise le space, cheap ne trouve rien
figures dérisoires ; vulcaniens aux oreilles pointues hyper logiques
Des asgars humains dépiautés aux trop grands yeux gris
Petits bonhommes verts aux intentions colonisatrices sur un ciel vide.
Hommes à tête de batraciens et quoi d’autres formes tentaculaires témoins du vide, de ce trop plein
Le ciel est vide, vidé aux jeux sinistres du joy sticks in formless pants to shit in
Le ciel est vide, vidé
pour se prévenir du mystère faire des pleins - sans déliés (écriture machinée)
Pour prévenir du mystère, se rassurer,
s’enfoncer dans des trous noirs, s’annuler en mondes parallèles
Emboîtement de cube without exit – jeux d’enfants prodigieuses caricatures
Caricature l’adulte jubilant mammifère aboyant remuant la queue impuissant
marchant fier sur la lune - gargarismes

Le ciel est vide – tes mégapoles !
Le ciel est vide pluie !
Le ciel est vide météores
Le ciel est vide pluies de météores
Le ciel vide tombe sur vos têtes gauloiseries
Le ciel est un cul la terre un étron

Mondes pornographiques critiques criant sous le voile de vos femmes en parité,
de vos mixités,
de vos délices multicultureux.
La beauté convulsive est là ami Breton dans tes chaussures de chez André
Le chausseur sachant chausser… brave publicité ronronnée
Elle se nomme laideur !
Le spirituel tu l’as dans l’lard ! (n’en parlez à personne vous risqueriez d’avoir une fatwa ! d’être égorgé au cimetières des innocents !)
Le ciel est vide, vidé

L’homme est vidé
L’homme est écorché
L’homme est disséqué
L’homme est un amas de cellules à fonctions spécifiées
Sur un tout ramassé
L’homme est un mammifère entre ciment et acier
Comme l’escargot il sécrète sa demeure, autour de lui, mais s’enferre carapace de taule aérodynamique
S’éclate éclaboussures de libertés : échecs et maths envols vers le ciel vide.

 

B.
Sabotage de toute communication réduite aux têtes chassée par l’Information maîtresse
Vanter le savant absorbé par son jouet de maniaque, l’objet, précision isolé du tout, qui …
Retrouvant un squelette dans le néant détale devant toute sapience
L’homme arraché à la source se perd vers son origine improbable.
La Personne se noie dans l’espèce misérable.
L’homme bientôt muet, privé des sens, sera l’animal dont il croit descendre l’amibe l’hydre
Croyance bêtasse qui le garde de l’Ire du dieu assassiné, la Parole qui l’appelle à une plus haute mission.
Sans Demeure – sans langage - mourra-t-il pour son progrès pirouette, au lieu de l’
Épreuve que La Parole lui donne ?

Voix de la Parole… au commencement.

A
Ton regard, ton sourire, cette prévenance
Mon regard, mon sourire, cette prévenance
Inconnus l’un à l’autre mais, en l’ instant d’un départ : une même direction
Veille de fête, rencontre émerveillée.
Revenu entre mes murs, dans la grisaille habitué banlieusardée
Dans l’âtre, la suie d’un feu depuis longtemps éteint, la cheminée condamnée
Le buffet est resté vide. Il ne s’est pas rempli
Aucun miracle / Mais …
l’affection, les sentiments viennent de plus haut
Mes poètes m’accueillent et je fais entendre
Une musique pleine de douleur signe aux cris des « Libera me »
Aucun miracle ?
Ton sourire, ô inconnu, notre à corps visage
M’auront sauvés du geste inutile de ne plus être.
Tu étais donc l’envoyé réconciliateur d’à corps temple instant dans l’instant de ma vision.

Comme je souhaiterais te revoir, te recroiser dans ce désert citadin mais ne serai-ce alors rompre le charme de l’éternité qui nous lie ?

 

Alain R. Giry © 2006-2007


- L'acédie du matin, revient -

« je suis le ténébreux, - le veuf, - l’inconsolé,
le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
porte le soleil noir de la Mélancolie »
Gérard de Nerval

L’acédie du matin, revient.
C'est BIEN
Ainsi le corps fait retour sur lui-même
La dépressivité constitutive de la "bête"
La bête gisant au puits des sciences
Des sciences, nouvelle physiologie des riens

L'acédie revient, nuit ajourée
Revient de la nuit des sommeils satisfaits
Sans artifice, la bête récupère
Se ressaisit au matin chagrin
Les yeux vagues et aveugles
Cette bête procède avec l’ignorance du chasseur
Bête prédatrice fière pleine, horizontale
Pleine d’attendrissement subterfuge de
L'instinct sans Instant. Pleine de tout
Les "Ici-Maintenant" repliés sur l'actualité digitale
Les longues et pénibles chaines
Aliénés des divertissements
Bruissements des buissons de béton
Sculptant des effigies sans sujet
Des vierges de dépôts & consignations
De séquestres, de vieux garages de rentiers
Grincement du vent dans la taule
Gémissement de la porte de bois pourri
Crissement de papier métallisé
Tout résonne sous la voute morte d’un ciel dégrisé
D’un ciel plein de particules, de filaments, nuisances
Toussotements du camélia blanc gisant sur le sol
Gouttes semblants
Patrouilles de corbeaux au-dessus des ordures.

Blême et moite
L'acédie du matin, bien
Revient, éveille des possibles
Par-delà ce trou, cette fente d'être
Rappel d'au-delà des décombres
Une voix silencieuse, muette chante
La chanson des blé d'or ?

Oui, l'acédie réveille
L'âme au corps engluée s'éprend d'un autre paysage
Il n'est guère de ce monde, l'Oint.
Et ce monde pèse contre Lui sans qu'il en soit touché
L'histoire furieuse se débat
avec ses miettes de raison triomphantes
Mais la ligne brisée
Mais les parallèles par l'infini contracté rejointes
Apprennent à l'histoire à devenir sans raison.
L’histoire ?
Son passé vert-de-gris sur le monumental, témoigne
De bronze
Ecorchée vive, que la liberté demeure - par-dessus elle

L'océan murmures des tempêtes
Rogne le piédestal de l'usurpatrice
Vigoureux l'ennui règne en divertissements digitaux.
Les masses retournent, borborygmes, au temps
D'avant La Parole
La bête triomphe ?

O misère du démos informe
Aveugle volonté de division :
Scissiparité du protozoaire
À l'échelle d'un monde écroulée sur sa masse
Sa pesanteur
Pourquoi donc la pomme tient-elle à l'arbre
Alors que Newton choit sur sa loi
Gravité du mensonge éclectique.

Et pourtant et toujours
Du fond du mal-être
De la base au sommet revient
Comme toujours de l'Agonie
Ce IL Y A - ce Don - ES GIBT... EIN GOTT

Et de cela... l'acédie du matin
Corps chagrin... révèle et,
La fatigue renouée des tourments
Des nuits rassasiées
Pleurs rentrées, exaltations de l'Invisible
La Parole Heureuse, alors témoigne...
Remonte au jour
Le corps plié, brisé, livré
Oui à sa certitude mortelle
Et cependant à la condamnation
Le "T" ôté écrit : AMOR
Chante et reverdit
Cependant, l'amour suspendu à des passés
Passe en souvenirs
Réserve d'amour poussières, ils nous
Épuisent les souvenirs...
Ils ne sont plus
Ne sont qu'eux-mêmes
Rappels - signes, peut-être ? - dans la présence
Plus qu’un souvenir : la Clairière

Mais l'acédie du matin
Mais avec l'acédie du matin
Revient, plein des blessures du temps,
Une étincelle
Lorsque s'entrebâille la porte
La porte nommée Espérance
Quand bien même le désespoir
Au corps inscrit, une décomposition
Certaine … un déclin
L’ignorance grasse de la bête
Laisse, l'être aux aguets - Eveil, oui - aux aguets
Puisque la meute n’y atteint pas, nous
Met en garde.

L'acédie du matin revient. Bien
Saturne est le vrai soleil
Sur le seuil, le givre sur les carreaux
La fenêtre embuée, le bois cendré de rougeoiements
Dans la cheminée, le sapin brûle
On se souvient d'autres noëls
Et la nouvelle année de glace
Est toujours bien ancienne
Les ancêtres morts de longues dates
La jeune morte
Nul ne s'éternise mais en fumée
Un brouillard jaunâtre éclaire le matin
Décembre porte à la mélancolie
Assis sur sa propre pesanteur
Dodécaèdre irrégulier
elle garde mémoire de l'Ange
Cet Ange qui veille sur sa lumière
Et que n'atteint, nul, ténèbres
Sur la marche brisée le mendiant assis, le compagnon
Oublie joyeux toute prétention d'amitié
De ces amitiés d’aumône
Paroles creuses répétées
Paroles sans mot, volées à la lumière ternie
Pièces jetées - sourires figés de la charité
colifichets pièces plombées
Le mendiant, le compagnon
Sourit doucement, glisse un regard bleu nuit
Ici-maintenant - La source !
Alors, voici l'AVENT de chaque jour !
Sol Invictus. (Etoiles d'or sur fond de bleu Klein)

 

A.R.G - 29 décembre 2016)

 

CAHIER ROSE & CAHIER BLEU

 

Le cahier rose

Préambules

5 - La vie en ROSES…

Among bruised roses on the papered wall
Paraphrase, Hart Crane
1 –
Pétale de rose de papier
Déchiré, jeté aux chiottes
Comme un Rembrandt
Couleurs d'excrément
Sur la toile huilé des jours
Perdus - en Enfer.

Rose de papier
Sous la lune vague
Pluies de mars

Jeter de dés
Pour prouver l'infranchissable
L'extinction de tout hasard
Calcul prémédité
D'un démiurge fou
La nuit conseille
Le jour diffère

Quelle espérance souffrir
Dans la mécanique des silences
Prévus
Obnubilation sur ces futurs périmés
J'entends "vague par-dessus tête"
Et déjà, depuis longtemps j'habite ailleurs
Où peut-être là où "on ne meurt pas" ...
Mais "on" n'est pas un mot
Ni une copule.
Il n'est rien "qu'un peu de bruit"
Pour combler le silence hypocrite
Des grandes machines.
La cité des nuits effrayées

Sur la table, effritées, roses de plastique
Larmes sèches
Dans un œil de verre

Dans la poubelle des roses offertes
Aux morts qui s'enterrent
Les uns les autres : affaires du néant
Ces roses attendent d'être emportées
Avec le reste des ordures
Voici la cité
The City of Dreadful Night

Roses fanées se reflétant dans un œil d’or
Chansons mélancoliques
Sur un pick-up
Couleurs topaze
Des brumes danoises
Revenues de toutes les Californies "rose bonbon"
Et...
Tourne le moulin aux rythmes
Du torrent
Les engoulevents menacent
Le vieillard sombre solitaire
Dans sa nuit
Chaumière inconnue, il
Profère une malédiction silencieuse

Le vieux papier peint
Où s'enroulaient le lierre et l’églantine
A bleui, pourri l'odeur fétide
D'un égout en revient
Il faisait toujours nuit
Dans les cris d'agonie
De la mère morte

« … in the crematory lobby,
The insistent clock commented on,
Touching as well upon our praise
Of glories proper to the time .

Ces roses pleines de "pourquoi"
Défient quiconque
Choisit le néant pour complice
D'un crime imaginé
Dieu serait mort...
Et parfois, y croire … soulage
Celui qui se croit condamné
À la géhenne.

Les roses, ha les roses
Et rouge les lèvres de la morte, vivant
Dans le miroir des passés égarés
Agnès cheveux rouges
Flammes, figure de Rossetti
Et contrastant la neige... et
Fondre, comme
Le temps s'effondre dans les souvenirs
Qui,
Jouent, enfants, et mettent des couleurs
Aux photos de l'album noir et blanc
De la cité des nuits éprouvées

Au-delà de ces jours...
Rien. A moins que la mort soit
Un signe, une porte
Mais alors... Les roses ?

… « du paradis tu ne saurais atteindre
en remirant au fond seul de la rose :
lève tes yeux aux cercles plus hautains » dit-il ; « et vois assise
enfin la reine, à qui ce règne est sujet et dévot. »

Une seule rose dans l'empyrée
Mais plus violent que la perte
D'Eurydice et moindre que Béatrice
Ce souvenir d'Agnès, souvenir arraché
A un poème – trop visuel – de Rossetti
Les traces de pas, le sang dans la neige
Écrivent "SANS"...
Tout se nie, s'efface devant
L'impensable
Prévu, mais, différé
D'un trou de mémoire à l'autre
Voilà la vie brute
La vie ! cette vie qui danse
Macabre au bout de la nuit
Au bout de la nuit… jeux de massacre
Et guignol’s band - quel voyage ?!

Mais parfois...
Mais cependant
Mais...
Quelle suite donner à ces points de suspension
Lorsque les roses...
Comme toute rose
"Ne dure qu'un moment"
Plaisir d'amour... Ne durent même pas un jour
Les morts seuls
Seuls les morts d'amour nous inspirent
Une symphonie.
Dans la nuit décimée
Cacophonies
Éclaboussures de sodium
Sur le béton désaffecté des cités
Of the dreadful KNIGHTS

Que, se passe-t-il sur cette page
Le projet demeuré dans ma mémoire
S'est perdu : "pois(s)on soluble"
L'acédie a tué le fébrile amour
Persistance... Cependant...
De la rose de cire
Bougie fondue
Sur la pierre rude
L'étrange dépôt translucide
Sur la mousse verdâtre
Un mégot se consume
Sur l'asphalte glissant.
Aujourd'hui on dit
"Il a fait beau"

Au soleil terne la rose s'est fanée
La rose qui fleurira demain
S'est fanée
Celle qui a fleurit se fanera (à contretemps)
Elles se rejoignent dans l'oubli, éternellement
La vie s'oublie
Voyage qui nuit

Le vieillard s'oublie
Et d'un coup bref de pinceau
L'urine coule sur la toile.
Soleil excrémentiel
Toujours Rembrandt

Alors que je projetais
De vous chanter
La ROSE SAUVAGE
Une voix sortie d'une pochette surprise
Un microsillon, un 33 tours
1967... Mais voilà…
voici que dès 68 , cette guerre mondiale, tua l'Espérance
Elle dort désormais la petite sœurette des jours heureux
Couchée aux plis et repris
Multiples des drapés blanc
Du néant translucide.

Ô les beaux jours.

6 –
Sur la table de Mémoire
La chanson roule
Se déroule et se perd
Dans les méandres
Des temps perdus
Perdu est le temps
Certain que
Nul ne le retrouvera. Car,
Dans la mort le silence git
Plus dure que la pierre
Plus aucun feu follet…
Et la flamme bleu
Saphir se consumant
Est-ce le goût évanoui d’un punch
D’Hoffman… ?

Quelqu’un dit : « il n’y a pas de pas perdu »

J'ai attendu longtemps
Que des grands morts
Parlent et ressuscitent
Mais ce ne furent que des mots
Éclats de zircons, pacotilles ou
Perles noires au goût âcres
De sang caillé sur les lèvres
Perles qui,
Jamais ne feront collier
Même pour Kali. Car,
Elle préfère les cranes sanglants
Comme la plus sereine, la Mère de Dieu
La Théodokos
Reflète le Soleil
Lune sous ses pieds.

Un autre jour échappée du poème
De ma peau
La Verte Tara
Tanka sur le mur fissuré
Indiqua le passage vers... ?
Cette Beauté qui sauve le monde, mais
Aujourd'hui, l'enfilade d'évènements torves
Bridés
Ce sera vers...
Le rien absolu
Le rien résolu
Et voici ma chanson (sur l'air du final d'Hippolyte et Aricie de Rameau):

"C'est le Ver qui tue
C'est le ver qui tue
Qui nous couronne"

Et lui parlait de la Vertu.

La vertu...
Au temple de la gloire
De la gloire nationale
De la gloire sanguinaire
Paysans et pâtres assassinés
Ils chantent, mugissent
Comme féroces soldatesques
Cloués dans leur voltaire
Ricanements des cordes
Soulignés des cuivres
Les tambours couvrent
Le cri ourlé du tranchant
Les têtes sur les piques
Les têtes décapités
Des sexes turgescents
Violent des vierges Barbie
Pouffiasses blondes
Ou engrossent des poupées de Pleynet
cheveux teint, visages peinturlurés
Sous leurs voiles
Comme derrière leur vitrine
Les putes d'Amsterdam.

Amsterdam...
Un regret s'infiltre de derrière
Les vitres ternis
Les fenêtres ouvertes sur cette banlieue
Qui me regarde
Quitter ma vitrine
Comme une vache passant devant
Un train immobile.
Ils ne se souviendront de rien
Déjà même alors que cette loupiotte
Persiste faiblement
Déjà ils la mettent sous le boisseau
Et le phare éclaire
Une mer ensablée
On veut perdre l'enfant de la Haute Mer
Sons grinçants granulés de notes grêles
Sur la vièle
Ils ont déjà tout oublié
Ils... Le temps, le ver
Tue. En mal d’horreur.

Alors une rose noire a fleuri
Asenath, Asenath Waites, fille d'Innsmouth
Le monstre sur le seuil
A fleuri et…
S'est liquéfié, alors ?
Une rose refleurira
Mais le phœnix ne renaitra plus de ces cendres
Il se renie
Les cendres aux cendres
Envolés de corbeaux
Plumages dorés des moineaux
En pluie sur
Fukushima..
Pluies d'insectes mutants
Sur Tchernobyl
Nyarlathotep une rose à la bouche
Séducteur nous rappelle
Ô comme il fit beau aujourd'hui : quand ?

Exit (au lieu d'exergue)
"I got nothing to say I ain't said before
I bled all I can. I wont bleed no more
I don't need no one to understand
Why the blood run, hold
The highered hand
On heart
Hand of god
Floodland and driven apart
Run cold
Turn cold
Burn
Like a healing hand
Like a healing hand"
Sister of Mercy (from the masterpiece record FLOODLAND)


Le Cahier Rose

Rectangle de lumière découpé
Porte ouverte sur le sommet d’arbres nains
Rongés de sel
Poussière de ciel

Au loin, derrière le ronronnement d’un réfrigérateur
L’océan gronde avec le vent
Le sable avalé des dunes rejoint l’immémorial liquide
L’amniotique désert
La terre émaciée regarde inerte ses forêts s’engloutirent
De loin en loin l’ombre des baraquements mêlée à l’ombre des résidences pompeuses
Suggèrent les ruines de l’avenir
Une pancarte invisible
Interdit, libre défilement
Nudisme et amour manifestes
Devant leurs chérubins pasteurisés
Habitués aux viols et harassements
Télévisuels, ils,
Invalident l’hypothèse même du …
Leurre.

Amour ? Fragments de regret
Suspendus au balcon
Revenant d’une avenue restaurée
Pierres de taille blanchies
Ensemencées de boutiques catastrophes touristiques
Cosmopolites badauds abrutis d’or noir
Femmes rampant, ondulants tissus opaques
Contre murs de néons et écrans liquides
Femmes couvertes de bijoux : indiscrétions, multiple, de l’opprobre
Religieuses lingeries, dentelles affriolant le male en mal de descendance répétitive
Elles vont, à petits pas à petits cris au milieu des jardins pourris d’un paradis.
Les Champs Élysées, Paris ?
Paris, ici, sur l’ile rose ?
A cause du ciel gris ?
A cause de cette aliénation discrète ?
Libertés de culte, techniques de SURFACE
Ravalement des façades corps et esprit (de corps) ?
Les mosquées, synagogues, temples et églises, indiffèrent commerce
Tels des Shopping Malls
Joyeuse tristesse de petits arrangements avec la mort,
La Mort-But !
Nuits pour chiner entre fragments d’amours regrets
Entre les pierres de tailles de l’avenue de l’Opéra
Opéra évoqué dans le souvenir et …
Perdu sur les Champs Élysées
Et les demeures de bois, de taule et de verre de l’ile rose …
Frappe et frappe l’image battoire d’un dieu jaloux et désertique

Entre les branches, entre chaque branche
Pour chaque feuille observée différente
Indéfiniment différente
L’arbre encore et encore
Au loin le ciel gris fourmille
Trouées fragments poussières du temps ; notre perte
Could it be magic ?

Les docks déversent des entrebâillements de lumière
Pour le photographe mort en son instantané
Plis, lambeaux de tissu de Nîmes, franges blanches, leucocytes
Glory hole despotes enchainements
d’une autre mort naissante
ces années là, en
Perspective …
Les désespérances jusqu’à dans la mort de ce dieu, déversée
Moléculaire
Au bord de l’Hudson aux confins de Christopher Street
Désormais s’étale au-dessus de ce cimetière
Rutilante, obscène, la vie métro sexuelle
Se la coulant verte
Highline betweens high-rises
Jardins suspendus de chrome, de verre
Végétation rampante, fleurs de béton peintes
Aux pieds d’immeubles torsadés
La brique conquérante… de…
Lectures de la Bible, grande décharnée
Inventant perpétuellement cette Babylone
Au rugissement du Lion de la Metro
Jurant sur la constitution à coup de revolvers

Tiens ?! un meurtre sur Sheridan Square
Surprise consternante aux marchands de gay lib’
Contorsionnistes de la GENDER THEORY
Distribution de prix Liberté pour tous…
Pour d’autres, l’évidence constatée
La cause est dans les « effets »
une marque, une cible…
Pour tireurs populaces ! snipper d’élite ?
Miss turnstile and Diamond Dogs

La Mémoire n’oublie rien
Tout traine entre les mots
Prêts à être ramassés
Souvenirs toujours, même déguisés, en robe, cruels
Parfois, un repère
Appui, balustrade
Une persistance infime
La moindre des madeleines
Exil proustien de la mémoire ?

Que se passe-t-il, qui n’arrive jamais ?
La maison de passe du bonheur ?
L’arbre année après année a grandi perdant ses feuilles
A chaque saison nouvelle refleurissant cependant
Mais l’homme chaque année s’éloigne de ce qui reste d’existence
Retourne à la vie qui n’en finit pas de vivre pour rien
Ainsi va la vie : illusion clame l’Oriental
Sans suspendre l’infernal cycle des générations
L’encourage même aux matrices abîmées de ces femmes soumises, millénaires
Nuits d’où reviennent des souvenirs indiscernables
Des rêves emboitant des pays, des visages en négatifs
Rivages mornes
La photographie brûlée de l’enchanteresse, l’amour perdu
Brulure d’un cœur essoufflé abandonné aux rigueurs du temps

Cœur ? Mot dérisoire pour le scalpel du chirurgien,
le laser de l’expert hospitalier
Experts en excision de l’âme fictive glande pinéale
Secrétions hormonales répondant aux enroulements d’ADN
Grouillement de viscères éclatés
Dans des couloirs dans la pénombre
Lampes flashes, lumière bleuté et blouses blanches à terre
Soudainement menottées par des hommes en combinaisons antiradiation
Accusation et acquittement simultanés du savant fou en
Service d’état commandé : principe MENGELE
Dr Strange Love. Héros pour MEMORIAL DAY WEEKEND
Nos soldats, nos boys serial killers appointés pour nos libertés
Supermarché thérapie du terrorisme, notre UNIMONDE
Jusqu’à sur ce cahier rose retraçant un séjour démultiplié
Sur l’ILE ROSE… l’Ile des Hermaphrodites
(lointaines réminiscences de …)

Alors que risquant d’extraire de cette absence de mots
Quelques vers, quelques rimes
La vermine œuvre, pour cet avenir sans langage
Qu’on appela matrice et qui sera la tombe

Allons ! continuons à souper avec le Commandeur des répliques tweetées
Soupons ! soupons des reliefs du passé qui se glissent dans l’aventure égarée du virtuel

Carré de verdure découpant la fenêtre d’une fraction de ciel
Bleu la mauve perforation de feuilles fripées par le sel, le sable de l’impossible silence Vert
Tresses de verdures et de nuages où les pensées se glissent fébriles
Dansantes
Hors de ce carré de verdure ciel bleu …
Rien n’est perceptible
Dans ce carré bleuté d’un ciel verdissant
L’indiscernable domine autant qu’en emporte le temps
Des roses et du lilas mauve

Au denim effrangé
Au sexe érigé, mou
Erection souvenir abattu à l’exhaustion des piers
Aux confins de Christopher…
Le mémorial d’Oscar vendu à un camelot
Etalage d’or dure, chic temporel

(Si tu reviens jamais danser chez Temporel, un jour ou l’autre
Penses à ceux qui ont laissés leurs noms … graveleux … au-dessus des autres)

Dans sa 18ième rue des années d’avant ce jour qui passe
Quand les passants semblables et différents roulent
Leur surface musculeuse
Derrière eux, les ombres marchent, les guettant
Cadavres
Certifiés
Estampillés
HIV
Mais eux ne se rendent plus vraiment comptes
Qu’ils seront toujours (LAND) SCAPE GOATS
Les mots suspendus à la bouche
Contraints, par éléments ânonnés, ils répètent les slogans niais et pervers
Libertés ! Egalités ! Fraternités

Ils vont répétant picketing démonstratif
A leurs manières en purs agents de publicités
« Entendez vous dans nos campagnes rugir les féroces – quoi ?
Ils viennent jusqu’à …
Et vlan passe moi l’éponge que tout rentre dans leurs rangs
C’est le progrès qui gronde
Vive l’indifférence d’un chaos ordonné, construit
Par les petites mains sociologues historiennes
Contre toute émergence, tout évènement
Nous sommes assurés tout risque
N’oubliez pas cependant de payer vos factures

Mais, monsieur, vous êtes bien ringard s’exclame un lecteur échappé de ma boite crânienne. Croyez vous, lui répliquai-je ? Et bien au nom du marketing je vous déclare …

Quant à moi
Sur les remparts de cette Troyes Baby Lone Hollywood ;
je me nomme CASSANDRE
Le ciel bleuit avec la nuit revenue
D’un orient tourmenté
Déclin en clin d’œil l’ouest mugit encore
Dans son giron flétri
L’animal cosmétique respire sans répit
Grande machinerie mâchonnée par un démon dansant
Expiration continue d’un bouddha exténué
Aux abords des Ganges pollués
De l’Hudson à la Seine
On chantonne :
A la sale fontaine m’en allant promener / j’ai trouvé l’eau si polluée que je m’y suis (aussitôt) baigné…

On poursuit : SUCH A PERFECT DAY

En roue libre, montagnes russes, rollercoaster
Coney Island baby boomers return
Répondant aux défilements continus, rectilignes
Nulle chanson mais A CHORUS LINE
Voix nasillardes, voix de famous femmes
Remixées modification du sonagramme
Making of des
Seins, bites, protubérances assemblées en un seul corps
Pour collection Freak Muséum
Rhétorique de l’indifférence
Sur fond de guerres en raps permanent
Plus de révolution … tout juste un peu de bruit
Pour qu’il y ait un semblant de quelque chose plutôt que rien
Principe de raison oblige
Dispensant, distribuant, commutant pour la joie des mutants
Sectateurs du progrès (qu’est-ce donc ça ? en caisse ! )
Des droits et des réalités pour le meilleur profit possible
Lifting botoxique dérapant, métastases imprévues
Et tant d’autres ouvertures de pochettes surprises
Avec le dernier recours de Pandore Box ; espérance Wi Fi

Quand en surface tout semble s’accomplir…
Ainsi le vent du Nord souffle
Ouvrant la perspective vers la baie
Roule l’océan …
Les arbres plient, les fleurs frémissent, emportées
Larmes colorées sur les planches
Ensablement progressif du désir
L’âge érode d’un même geste
Un corps d’âge chute, s’appuie à la balustrade
Du temps restant.
L’enfant déjà découvrant ses mots
S’éteint dans les faits, surface sans profondeur
Surface se suffisant à elle-même, pour rien
EN LIGNE

En ligne ONLINE on board, en bordée
Ignorance magnifique voici l’animal complété de prothèses

Utérus ou éprouvette – qu’importe
Distribution festive de spermatiques gaspillages
Tu ne te masturberas plus pour ton seul plaisir
Tu ne répandras plus tes semences sur la terre, dans les draps
Cristaux croustillants et cash sonnant et trébuchant
Offert sans effort aux vagins synthétiques
Tu engendreras sans cesse
Pour nos laïques androïdes
Pas d’autres buts que celui, unique, prescrit par des bibles mosaïques
Affaire de démographie satisfaisant à la production de riens obsolescents
O merveilles, rien de plus merveilleux que l’homme
Splendeurs des transes parents
Qui jouent avec leurs organes, comme un enfant au trictrac
Avec le temps.
Cet enfant au miroir du texte
Né fictif vomissures de slang
Réfute la beauté convulsive attendue
Triomphe de la Bête Blonde ?
Sur toute la surface lissée du monde
Brave new world nous sommes récompensés
Recomposés
Plus question d’aimer
Profitons ! Profitons !
Dans nos camps de concentration
Recyclons, recyclons
Produisons du nouveau Zyklon ;
les phéromones de nos désirs, de nos motivations
Pour l’avenir qu’attendre de mieux ?
Recyclons nous en poudre, lyophilisés
Distribution pour le fermage des générations futures
Aujourd’hui un couple d’hommes en France est consacré
Le bonheur marchant est enfin arrivé
En pièces détachées

Longtemps en corps avais-je cru
Que l’amour …
Mais l’amour lorsque le temps rétrécit
Que le temps s’affirme comme « le temps qui reste »
L’amour ne triomphe plus de la mort
Le A privatif est le plus fort…
Il inscrit au corps une suite de lettres décomposées
Collier de têtes ensanglantées de Durga
Terre des revenants diaphanes
Succubes & incubes

Parfois cependant …
Des sentences propitiatoires
Des bribes érectiles
Des frissons
Sur le passage fragile – point aveugle du temps –
Des petits êtres éveillent des réminiscences
Qui effraient le corps, décors meurtris
L’autre logique, le temps sphérique
Leurres calculés
Ne renversent rien, ne bousculent que des formules
D’autres illusions fleurissent,
Réalités du grand bazar
Pour les générations futures foutues

 

(Fin du Cahier Rose)

 

Le Cahier Bleu

Il ne s’assoit plus en lotus
Sexe érigé sur une terrasse surplombant
La végétation rare et les cabanes enrichies
Cheveux au vent mêlés de sable et de sel
Il ne s’assoit plus en lotus
Parmi les bougainvilliers, les volubilis
Hallucinés, sous le triste palmier
Devant la triste piscine
Sunset boulevard
Il ne s’allonge plus nu
Sur le toit plat blanchi
Contraste de sa peau rougie au soleil voilé
L.A guys, Orient de carton pate
Les hélicoptères de la MORAL MAJORITY
Hurlant leurs slogans au-dessus d’ECHO PARK
Années Reagan – ES REGNET.

HUM

Les corps plastiques, indifférents
Porcs bronzés sur rollers ou en salles

ANGH

Il ne…
Qui cet « il » sur l’ile rose bleuissant
Souvenir ?
Et les ternes verdures des pelouses agoniques
Un corps affrontant l’érosion
Au rêve d’une âme hypothétique soutient
Sentiment vénéneux
Possible ouverture vers…

Un soir dans le jardin extraordinaire
Et longtemps se couchant tard, espéra
Mais ces lieux résistaient véhéments
A l’amour
Anneau de renoncement
Pour un coin, un recoin infime soleil mordoré
Longs, longs les jours, les nuitées
De temps recopiés

Panoplie pour bazar arcadien
Rue saint Vincent comme dans la chanson
L’amant motard
Rêve de bouges cartonnés
Progrès des mœurs manière Berlin années 20 revisitées
(délictueux manquements)
Pour YMCA en 33 tours
Ho quelle DISCOVERY !
Pour la petite France étriqué
Préface pour Tricks – de R.B pour R.C
Tout’ en fantômes de guéridon frappeur

Une première fois touriste à New York
Un New York inventé dans les guides
Libération sexuelle modèle virilité surfaite
Moustache et jeans délavés
Quelques incursions …
Columbus avenue et Christopher street
Docks vus de jour, territoires balisés de bandanas
Amour de loin

Tout juste un peu de bruit entre les phrases
Ronflantes d’effusions imagées… ?

Mais un jour, deux ou trois années plus tard
à CENTRAL PARK
Revenant de L.A pour ne jamais y revenir
Oubliant la blessure des regards de studios
Ils se rencontrèrent et
Paris effectua sa métamorphose
Pierres grises, musées de l’intime sacrifié
A la plate grandeur d’un béton appelé avenir
Alors New York effectua sa métamorphose
La brique babylonienne aux replis de la Bible
Singée
Affirmait le Sublime, contre toute la Beauté
(Souvenir de manuel d’esthétique… quand…)

Aujourd’hui
Il ne resterait plus qu’un STORY BOARD

Au commencement déjà
Perforé des souvenirs des autres qu’il embellissait
En naissant
Tout échappait
Les dés jetés
6 – 4 – 2
Contraint le hasard séquencé à cette conséquence
XII (ici carte du Tarot de Aleister Crowley)
(H) OR (S) DEAL
D’œuvres

Pullover rose
Et pantalon vert
Cape noire et dents longues
Jeux d’amour fictifs
Tombes et fleurs de céramiques
Fond rougeoyant
Salopette bleue pale et panier percé

Costume gris
Lunettes cerclées
Costume, smoking chemise blanche
Cigarettes brunes
Sous laser claquant néons clinquantes pubs
Pétales de rose sur escalier de marbre
700 marches vers les terres du Rêve
Bafoué.

Griffith park ou Venice Beach
Soleil pale, ciel violacé
Vomissements au bord du jacuzzi
Quelque part sur Franklin Avenue
Ou sur Muhlholland Drive

Encore palmiers et bougainvilliers
Gourous aux quotidiens fatigués
Cocaïne et petites pépées
Cocktails parties en surimposés
Accoudé à une fenêtre
Qui voit l’ashram de Ramakrishna
Près de Muhlholland Drive ?
Timothy Leary is Dead
Tel Dieu dans un ciel criblé
Trainés blanches, odeur de kérosène
De parfum de stars épuisées sur celluloïd
Hollywood Babylone
Inauguration of the Dome of Pleasure
Sur le waterbed qui rêve ?
Qui rêve encore de gaie amour
A cet âge du monde ?
Théâtre des affaires sociales
Bien calculées, piano désaccordé
Quotidiens sponsorisés
DSM et TCC
Journaux télévisés
CONSTRUISANT les libertés
Revendiquées
Citations sans fil de la vérité
Nous allons poursuivant la même
Politique du Dieu au miroir tendu
De notre science aveugle

Verdure silencieuse
Au retrait bleuâtre
Chants d’oiseaux pourrissants
Sur les bords … de ce Dernier Rivage d’Occident
Chants d’oiseaux
Que nul Messiaen ne composera
Arbre fendu
Priant devant les roseaux fiers, moqueurs
Pascal range enfin ses infinis
Affaires classées ; tores ou spirales
Le chat de Schrödinger se mordant la queue

Verdure bruissant de chants suspendus quand
Passent des rires, changés en sourires
HI !
Du joggeur en short bleu et T-shirt blanc
Et qu’aussitôt ressurgit le village
La voix du village
Greenwich au sommeil englouti
De la Metro…

Encore un joggeur, encore un autre, puis une autre
L’air revêche, bouche sèche à force de boire
Aux biberons fluo
Erotique neutralisée par un fantasme exhaussé
Du sport, rien que du sport plus de corps toute sculpture est un souvenir de souvenir
Chez Winckelmann
Un programme de radio dans les oreillettes
Assure que le contact même du regard
Est un viol passif de peine …
Et les arbres, les oiseaux aux rythmes de cette industrie
Se taisent, écoutant le Podcast
Dans la foret engloutie
Elfes et gobelins cependant murmurent

Un avion passe
Le sable a gommé les rives emmaisonnées
De Pines village de carton pâte remodelé
Village – quel village ?
Une radio rappelle
« A 12 ans, le beau lieutenant a violé Isabelle
L’enfant de 12 ans, la petite Isabelle du Pueblo
De Santa Maria
Isabelle aux jolis seins
Isabelle à la vulve palpitante
Isabelle désirant le beau lieutenant
L’amant de passe de son grand frère
Pedro le guérillero, le voyou sublime
Jeu de double, jeu de l’enfance
L’enfance merveilleuse, perverse polymorphe ? « . Certes
La radio ne l’entend guère ainsi
Elle rentre en guerre contre tout désir
Forge les fers, la prison du bonheur cosmétique
Le bonheur des conforts plastifiés
Une voix nasillarde essaie de témoigner
Je n’entends plus les oiseaux dans la verdure
Mais Yvonne Loriot sur son piano déclinant
Avec emphase des séries d’oiseleurs
Papageno papagena NA !
Pas un espace qui ne soit piégé
Par l’action même en repos
Les plaisirs s’organisent

Un avion passe
Le sable a gommé les rives emmaisonnées
De Pines, village ensablé
Mais le village – quel village ?
Village de l’ile rose
Son jazz de Broadway
Ses seniors on the way
TO ?
L’histoire les encadre
Nous ne serons plus là
Nous n’étions pas là…
Historical Landmark.
Sans l’épargnée, l’Ile Rose, l’Ile des Hermaphrodites,
Sandy ne l’a pas ensablée
La maison de Wilbur Whateley demeure
Mystère au centre du village
Fruits et noisettes, des cerises
Sur le gâteau d’anniversaires
Couronne de lierre vénéneux
Erections flasques
Mêlées aux images argentiques
De mes désirs hypothétiques
Entre dunes et forêts englouties
Entre baie et océan
Je rêve encore d’un amour
Quand les rêves nocturnes
Deviennent urnes de cauchemars
Inséminée elle accouche horrifiée
D’un enfant mâle
La compagne affirme
Nous resterons entre femme
Et injecte chaque jour à l’enfant
Des anti androgènes…
Le bon docteur LeCutter appliquera la sentence
A la lettre !
Inséminée de spermes emmêlés des deux amants
L’indienne accouche
Réjouie par les dollars, de l’enfant intersexué

Ils choisiront plus tard, les mariés de l’an 1

(Entrée du Dompteur, Prologue de Lulu ; texte modifié, présentation de mode de la « nouvelle normalité » parisienne)

Fraicheur tamisée ; 12 chants d’oiseaux
Branchages Verdurin
Deux mondes se retrouvent au salon de l’indifférence
Off Broadway la nouvelle comédie musicale
SOD and GOM
Fait un tabac
Fourbis, foutoir, bazar, caricatures de famille
Bonheurs mahométan pour bourgeois vilain’ homme
Où l’enfant tyran (et non Roi, car pour devenir ne faut-il avoir été Dauphin ?) l’enfant tyran couronne, tel le ver tue triomphe,
L’attelage nouveau, de dissonants pop-ups

Mais au village les Anciens
Composent
La symphonie
A compléter par ceux qui la gomme
Sans résoudre le Mystère
De l’esprit frappeur
Aux guéridons
Trois coups
Le rideau tombe, s’enroule
L’enfant hormoné, adulte exhibe une souffrance
Sans réponse
Au creux du miroir
L’époux de la femme transie
Voit son pénis s’invaginer
Ses prothèses mammaires cancer
Proliférant jusqu’aux éprouvettes
Où le couple stérilisé vient enfanter encore
Trouées de cris
Cour de récréation autorisée
Village global modèle Las Vegas
Cliquetis clinquants de cliques post modernisés
Orchestrant de Divertissantes crémations
Feux et eaux d’artefacts
Meurtres sur consoles, play station, petites et grandes délinquances
Des quartiers à peine glauque des Bronx déplacés
Le marchand de boule GUNS est là pour vous servir

Tel jadis les foules se rendant à la prison de la santé, voir la Veuve opérer ses mystères sanglants. Ho merveille de la loi qui suspendit la peine de mort à une perpétuité, réglons nos comptes domestiques, les cibles sont plus vivantes que jamais…

Trouées de corps au milieu du silence vert
Un cormoran au sommet de l’arbre
Veille sur la baie bleue
Sur les chemins, la science infuse, parsème
Ses pancartes, panneaux indicateurs de sa police
Son Linné global
Tout en menace

Tel ces films docu’ menteurs nous montrant le pistil de l’orchidée au dimension du linga d’un Shiva bolliwoodien, des fourmis travaillant aux proportions d’un King Kong sur l’empire state building avec des mandibules grinçant comme des pompes à pétrole du coté de L.A…

Feuilles luisantes du poison ivy
couleur de feu sur l’ile rose, en automne

Tiques jubilantes, guettant dans la ramure
Dans les replis des sables
Le mammifère chaud
Pour y creuser son nid en boule de sang
L’araignée tapit derrière sa toile
Tissant le silence mortel
Tandis que de joyeux moustiques bourdonnant
Sont avalés par les chauves-souris sorties de leurs nids en plastique
Une tortue attardée, des grenouilles sautent hors de l’étang
Miasmes et morsures : mauves pustules
Quelque part, hors de l’ile rose
Le crotale s’enroule au chêne vénéneux

Mais les oiseaux dans cet océan de verdure
Mais l’océan de ses vagues raconte
La légende oubliée des alcyons
Mais l’on sait qu’au sable se mêlent les cendres
D’amis oubliés dans le nombre croissant des victimes
Du mal de cet ère malade de la vie même ?
Et mon arbre totem, cependant
Témoigne d’un autre amour
De ce que la vie – ho, la vie – méprise
Appel de / / qui ne peut être dieu
J’oublie alors que / /
J’oublie le projet d’un poème
D’un poème pour l’ile rose
Pour l’ile des hermaphrodite
L’ile dont la mémoire même causera l’oubli
Le satellite enregistre ce que les générations
Normalisées ont pour mission de déporter
De déporter : Vers l’histoire
Là où nous ne serons jamais plus
Là où même un souffle nostalgique
Se résout aussitôt en buée de buée
Sans peindre, sans esquisser une Vanité
Platitude de Vermeer ; miroir de Mondrian
Blanc de Malevitch…
On entend quelqu’un murmurer, chantonner
Gommer la gomme
Il s’agit du chœur final de Parsifal
La volonté aveugle monde et représentation
Achève consciencieusement son travail de Nibelung
La terre est un ballon sur le grand terrain de foot
Triste humanité !
Où donc la Porte des étoiles ?
Est-ce le mantra recueillit
Musique des sphères ?

Les photographies de l’an passé
Appellent aux variations pour piano mécanique
Nouvelles prises – viol – de vue
Perspectives curvilignes pour
The Dream in te Witch House
Selon la mouvance des sables
Du sel
Des vagues
Et des nuages
La Salina, Formentera (encore !)
Te souviens-tu ? (Bis)
La voix insinuante cristallisant l’image
D’un amour inventé pour la norme ? ou bien amour sincère
– la Jeune Morte : ni Laure, ni Béatrice ? comment le pourrait-elle … -
Risible rédemption d’un désir détourné
Mon désir à ce jour pourrissant dans les souvenirs
De corps éparpillés
Senta suicidée, mon portrait demeure accroché
Au mur écroulé d’une maison hollandaise
- chants ritournelle des fileuses -
Je repartis pour 7 ans sur la mer vie
Stultifera navis !
De 7 ans en 7 ans jusqu’à … Alors
Paralysant la création spontanée de mon Corps sans Organes
La crispant aux souvenirs de béton
Empreintes dans l’asphalte
Arbres fossiles dans la mémoire
Fleurs séchées, fleurs de céramique
Les enluminures pour mes psaumes
Dédiés
Aux hercules, aux David
Aux Maciste, tout’ en pellicules
celluloïds
et pixels
cliquetis dans la ramure
On secoue le cocotier
Je me réveille
Dans l’instant bafoué

AUM

Océan contemplé en ses sonorités
Se répercute dans les bruits fous de la City
Oiseaux, avions, poissons, voitures
Cailloux poux hiboux genoux
Enregistrez ! Mais enfin qu’attendez vous !
Vent dans les arbres
Oiseaux dans le goudron
Gémissement des baleines
Les guerres de religion déguisées en problèmes
Economiques
Entendez vous dans nos campagnes
Mugir…
Ho tous ces morts, ces victimes
D’un moloch, statue de marbre funéraire
Sans cesse reconstruite

HUNG

Kali ricane
Sa couronne de têtes ensanglantées trésaille
Giclées rouges sur le macadam
La trottinette dérape
Beauté extraite du néant
Parapet contre la morsure du temps perdu
La vache sacrée, la Parole
Contre la démence du sommeil
Solitude brouillée, bouillie de cauchemar
Loin, loin les jours où l’ange
Le démon gardien
Dialoguait en corps
Lumineuse épaisseur
De l’Instant préservé

Sur des kilomètres de plage
Des kilomètres de forets
Vagues – appliquant le cliché – grondant
Volutes, mouvances indiscernables des sables
Incandescences invisibles, dans le ciel
Les nuages – appliquant le cliché – moutonnent
Un ciel bleu métal
Avions libellules bourdons
Soleil intermittent
D’un spectacle romantique
(cliquez sur Commande + effet spéciaux)
Des kilomètres de plages et de forets engloutis
Qund dans un recoin du texte
Le Mage médite
Le Naos